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29/04/2017

Créer des personnages cohérents avec le MBTI

Apparemment il faut que j'écrive de temps en temps ici, faute d'être rayée de la carte, donc je me suis dit que j'allais partager quelques-unes de mes astuces d'auteur, on ne sait jamais, ça pourrait servir à des camarades ! Donc aujourd'hui je vais vous parler du MBTI et de l'intérêt qu'il peut avoir pour un auteur de fiction.

 

Le MBTI est un outil qu'on apprend notamment en formation management. Il permet de s'auto-évaluer dans un contexte professionnel, afin d'identifier ses préférences et ses modes de fonctionnements pour mieux interagir avec les autres. En ce moment, le test du MBTI semble être à la mode sur Internet, vous en trouverez plein, celui-ci est pas mal.

Vous répondez à un certain nombre de questions qui vont vous permettre de déterminer votre personnalité en fonction de 4 critères :

- la personnalité introvertie (I) ou extravertie (E) : selon que pour vous ressourcer et retrouver de l'énergie, vous préférez vous retrouver seul au calme (I) ou aller boire une bière avec les copains (E)

- la perception du monde intuitive (N) ou sensible (S) : selon que vous avez besoin d'éléments observables comme des mesures ou des chiffres pour appréhender le monde qui vous entoure (S) ou que vous le faites instinctivement sans avoir besoin d'y réfléchir (N)

- la décision basée sur le jugement (T) ou sur les sentiments (F) : selon que vous prenez une décision de manière rationnelle en fonction de règles objectives (T), ou plutôt en vous basant sur l'impact de cette décision sur votre entourage (F)

- l'action organisée (J) ou flexible (P) : selon que vous aimez que tout soit bien rangé (J) ou que vous êtes plus à l'aise quand c'est le bordel (P).

 

Après avoir rempli le test, vous serez catégorisé dans l'un des 16 types et on vous donnera une description de votre personnalité qui vous fera un peu le même effet que de lire un horoscope bien foutu : c'est troublant à quel point ça tape juste. Personnellement, je suis INFP, comme Shakespeare, Albert Camus et Tolkien <3

Quand il aura fini de se gargariser en se comparant à Gandhi, Jimi Hendrix, Einstein ou Mère Térésa, l'écrivain va pouvoir passer aux choses sérieuses et utiliser de façon concrète cet outil dans son travail. Le texte descriptif qui sort du test est en effet très utile pour aider à imaginer de façon cohérente comment un personnage pourrait réagir dans telle ou telle situation.

Personnellement, j'ai toujours fait attention à la date de naissance de mes personnages, mais depuis que je l'ai découvert, je préfère utiliser le MBTI que l'horoscope car il est plus détaillé (c'est vraiment moi qui viens d'écrire cette phrase ???) Je détermine le MBTI de chacun de mes personnages principaux et j'essaye de m'y tenir. Chaque fois que j'hésite sur un tournant dans l'intrigue, un dialogue ou une réaction d'un de mes personnages à un événement, je reprends son MBTI et je détermine quelle devrait être sa réaction "logique", en fonction de sa personnalité. Un personnage introverti ne va pas boire un verre avec ses potes après une déception amoureuse. Un personnage qui décide sur le jugement ne va pas commettre une folie par amour.

C'est comme ça que les personnages se mettent à faire "ce qu'ils veulent" et font exploser en vol toute tentative de déterminer le scénario à l'avance. Mais ça, c'est un autre problème...

02/02/2017

Pendant ce temps, ailleurs, très loin de là...

couv-manoir-FL.jpgApparemment, un an sans un seul billet est considéré par certaines plateformes de blog comme un délai suffisant pour déclarer celui-ci en mort clinique sans autre forme de procès. Dont acte, il faut donc que je vienne faire une petite mise à jour.

 

C'est que la temporalité de l'édition n'est pas tout à fait la même que celle d'Internet.

Après la parution, en mai 2015, de Légendes du Manoir, j'ai achevé l'écriture d'une suite intitulée Retour au Manoir, dont la publication n'est pas prévue pour l'instant. Ce troisième tome se déroule quelques années plus tard et est centré sur l'histoire de Caroline, la petite sœur de Julien, dont on découvre enfin pourquoi elle déteste à ce point tout ce qui touche au BDSM. On y retrouve aussi bien sûr Pauline, plus que jamais en proie à des doutes et des questionnements sur sa relation avec son maître, Julien, et même Pierre qui apparaît désormais en compagnie d'Axel qu'il rencontré dans l'Eveil des sentiments : le 2e tome de l'autre trilogie (oui, il faut suivre...)

 

En mai 2016, j'ai eu la chance de voir Le Manoir, dont l'édition grand format était depuis longtemps épuisée, paraître de nouveau en papier chez France Loisirs. Il y a semble-t-il trouvé son public, puisque près de 15.000 exemplaires en ont paraît-il été vendus !

« J'ai été totalement emmenée dans cette histoire, que je n'ai pu lâcher avant de l'avoir terminée, Je suis tombé sous le charme de ce Manoir et de l'auteure qui m'a transporté dans cette histoire Une fois plongée dans l'ambiance sulfureuse du manoir, on a de la peine à en sortir et on en redemande. »

« Je conseille ‘Le Manoir’ à tous les amateurs du genre, laissez-vous inviter aux séances du célèbre Julien Andringer, dont vous ne sortirez pas ‘indemnes’. »

 

C'est au tour de Légendes du Manoir de trouver une seconde vie en club, en janvier 2017. Ce qui me permet de ne pas désespérer totalement de proposer un jour Retour au Manoir...

 

Mais pendant ce temps, je ne me tournais pas les pouces. J'ai entrepris l'écriture d'une trilogie, cette fois conçue comme telle depuis le début avec trois tomes qui s'enchaînent, provisoirement intitulée dans mon disque dur Les trois talents. Il s'agit d'une romance au doux parfum de BDSM que vous découvrirez, si tout va bien, en septembre 2017 toujours chez Hugo. Je n'en dis pas plus pour l'instant !

17/11/2015

Nous avons plus que jamais besoin des poètes

Nous avons plus que jamais besoin des poètes.

Les poètes sont des Voyants. Ils ont le pouvoir du merveilleux qui se niche au-delà de la perception, au fond des cœurs, au cœur des arbres. Ils peuvent voir l'avenir et si nécessaire, le fabriquer.

Les poètes n'ont pas de repos tant qu'ils n'ont pas trouvé la beauté. Ils savent la révéler même dans ce qui est hideux. Les poètes transforment tout ce qu'ils touchent en or.

Nous avons besoin des poètes parce qu'ils détiennent le verbe, la rime, le rythme et la mélodie qui enchantent jusqu'à nos tripes et font vibrer nos squelettes.

Nous avons besoin de la poésie comme miroir de nos émotions, parce que renoncer à comprendre et s'abandonner à l'extase est la seule réponse possible.

Nous avons besoin des poètes parce que la poésie n'est pas utile ; pourtant elle est la seule arme à même de mener la conquête du bonheur. La poésie porte en elle la force d'étouffer n'importe quelle peur.

Nous avons besoin des poètes parce qu'avant de songer à changer le monde, il faut éclairer le chemin.

Nous avons besoin des poètes de tous temps et de tous lieux : de Verlaine et de Rimbaud, d'Ovide et de Sappho, d'Omar Khayyam et de Salwa Al Neimi, de Jim Morrison et de Joan Baez, de Baudelaire, de Victor Hugo, de Chrétien de Troyes et de Claude Ponti.

Nous avons besoin des poètes parce qu'ils nous apprennent à chanter, à rire, à boire, à rêver, à pleurer et à jouir, à oublier d'être sérieux, à ressentir, enfin à vivre.

30/05/2015

Ce qu'on attend de la romance érotique

Je ne peux que me réjouir du plaisir que m'ont fait plusieurs lectrices des Légendes du Manoir en publiant leur avis sur leur blog, que celui-ci soit positif ou négatif. Toutefois je dois dire que certaines de ces critiques m'ont amenée à me poser des questions. Je me souviens que quand j'ai écrit Le Manoir, j'essayais de faire œuvre de vraisemblance mais seulement jusqu'à un certain point. Pour moi, ce texte était un conte pornographique ; on n'attend pas des contes qu'ils revêtent les atours de la vérité, et s'agissant de la pornographie, on l'attend encore moins.

 

J'ai abordé la rédaction des Légendes du Manoir avec le même mélange de précision historique dans la relation des aventures de la famille Andringer et la même liberté à l'égard de la notion de "vrai". J'ai parfaitement conscience qu'il y a dans ce roman des choses impossibles (vous avez déjà essayé d'aller vivre deux ans aux États-Unis sans travail et sans visa ?) mais en fait... je m'en fous. Le but, c'est d'abord le plaisir.

Je suis continuellement étonnée de voir que les lecteurs et surtout lectrices interprètent et jugent de manière totalement littérale les scènes de sexe et les séances SM qui constituent la colonne vertébrale de ces deux romans. Elles donnent l'impression de filtrer constamment le texte à l'aune de ce qu'elles aiment faire ou se sentent prêtes à faire en matière de sexe, elles s'identifient à Pauline sans le moindre recul et souvent, ont du mal à accepter qu'elles ont aimé le roman alors qu'elles ne se projettent pas dans une sexualité aussi violente.

Je suppose qu'il faut y voir le "contrat de lecture" de la romance érotique. Si vous lisez un polar ou un thriller, vous acceptez que des gens vont mourir de façon atroce entre ces pages que vous prendrez pourtant du plaisir à lire, mais cela ne fait pas de vous un pervers ou de l'auteur un dérangé. Il y aurait donc dans la romance érotique un contrat implicite entre auteur et lecteur qui stipule que seuls peuvent donner du plaisir au lecteur les épisodes que celui-ci serait prêt à expérimenter en club le samedi soir...

 

Si c'est le cas, alors c'est là que se situe pour moi la frontière entre la "romance érotique" et la "littérature pornographique". Ce n'est pas une question de langage cru ou de savoir si cela raconte une histoire. J'en discutais récemment avec Franck, mon éditeur : pour lui la différence repose dans le fait de savoir si le sexe est au centre du récit. Mais j'irais plus loin : la littérature pornographique, jusqu'à récemment, ne s'est jamais encombrée de vraisemblance. Elle s'autorise toutes les folies, ce qui n'a jamais diminué sa qualité ou sa puissance évocatrice.

Il faut lire Sade, Florence Dugas, Pauline Réage. Il faut lire l'Histoire de l'œil de Georges Bataille et les Onze Mille Verges d'Apollinaire - je vous recommande la scène du pal. Il faut lire Anaïs Nin - dont l'une des nouvelles que je lisais l'autre jour raconte l'histoire d'un père emprisonnant ses propres filles pour pouvoir les violer chaque nuit. Je me souviens d'avoir lu quand j'étais adolescente l'histoire d'une femme perdue sur une île déserte qui copulait avec des singes... Et dans le genre malsain, je citerai également l'excellent Train 8427 en provenance de Genève de Jeanne Sialelli. À côté de toutes ces histoires, les pires scènes des Légendes du Manoir font figure d'une promenade de santé dans un jardin de roses.

Alors oui, on est parfois partagé entre plaisir et dégoût, entre excitation et horreur. Mais ce n'est pas une romance érotique ; on ne demande pas au lecteur de supposer que c'est réel ou que cela va lui arriver demain. La sécurité, la légalité et la vraisemblance n'ont pas plus de place entre ces pages que l'auteur ne veut bien leur en donner. Et c'est pour cela que la pornographie a été si longtemps, en littérature, synonyme de liberté.

09/05/2015

Légendes du Manoir

couv-legendes-petit.jpgLa semaine prochaine arrive enfin un événement que j'attendais depuis plusieurs années : mon roman Légendes du Manoir sort en librairie.

 

J'ai écrit ce livre en 2012 alors que le Manoir, mon premier roman, était déjà paru. Au départ, il ne devait pas y avoir de suite. Pour moi, le Manoir était un conte et les contes n'ont pas de suite : "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants", c'est ainsi que l'histoire est censée  se terminer ; le reste n'est que peine et langueur, n'est-ce pas ?

 

Pourtant, nombreux ont été les lecteurs qui me demandaient ce qu'il y avait après le Manoir. J'ai longtemps refusé de me poser la question, jusqu'au jour où mes personnages me manquaient tellement qu'il m'est devenu impossible de résister à l'envie de les ressusciter. Ils m'étaient si intimes qu'il m'a suffi d'un souffle pour les réveiller.

 

J'ai alors entrouvert toutes ces portes laissées ouvertes dans le Manoir sur des pièces mystérieuses qu'on rêve de revenir visiter, souffler sur la poussière, déterrer d'autres secrets. J'ai eu envie de raconter ces histoires, ces légendes qui pour certaines étaient présentes dans mon esprit depuis le début, pour d'autres se sont révélées sous ma plume.

 

Légendes du Manoir est un roman qui se "tient" au sens où il peut être lu indépendamment du Manoir. Cependant, je conseillerais vivement aux lecteurs de commencer par le Manoir. D'abord, parce qu'ils se priveraient de nombreux aspects essentiels, sinon pour comprendre l'histoire, du moins pour l'apprécier pleinement. Ensuite, parce que le Manoir a volontairement été écrit comme un accompagnement pour entrer pas à pas dans l'univers du BDSM et lire les Légendes directement revient à se priver de cette progression. Bien sûr cela ne posera pas de problème aux lecteurs avertis !

 

Malheureusement, aucune réédition papier du Manoir n'est prévue pour le moment, il faut donc se rabattre sur la version numérique. Un extrait des Légendes du Manoir est disponible ici.