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17/10/2013

Invitation au Manoir

Dans quelques jours sera publiée dans la collection e-ros de Dominique Leroy une nouvelle écrite à quatre mains avec Chloé Saffy : l'Invitation au Manoir. Chloé et moi vous proposons de découvrir la genèse de ce texte à travers une interview croisée...

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Emma : Chloé, qu'est-ce qui t'a attirée chez les personnages du Manoir au point que tu envisages leur rencontre avec ceux d'Adore ?

 

Chloé : On pourrait tout simplement commencer par dire que pour moi, ce qui fait - très souvent - qu'on se souvient d'un livre, ce n'est pas toujours son intrigue, mais plutôt la puissance d’incarnation de ses personnages. Je serai incapable de te citer l'intégralité de ce qui se passe dans Autant en emporte le vent, mais Scarlett O'Hara et Rhett Butler, là ! Je suis horriblement classique dans mes goûts littéraires, de la bonne fiction bien balancée, bien écrite et tout à l'avenant et je succombe. Pour ceux du Manoir, il y avait en outre quelque chose d'un peu groupie, du genre "ah j'aimerai tellement les connaître en vrai !". Julien et Pauline sont deux personnages fascinants, ils sont impertinents, ont un caractère fort et Julien avec son côté ni Dieu ni Maitre, sa manière bien à lui de dominer fait rêver la midinette en moi... C'est comme entrer dans le saint des saints, du même niveau que rencontrer des gens inaccessibles et qu'on admire. Pour autant, je ne me voyais pas écrire une fanfiction uniquement pour continuer à les faire vivre, c'est beaucoup trop de responsabilités ! De ton côté, pourquoi avoir accepté le principe du cross-over, notamment avec Anabel et Verlaine, deux personnages qui n'ont - a priori - rien à voir avec Le Manoir?

 

Emma : Rien à voir, c'est vite dit ! Si je me souviens bien, Anabel a une relation tout à fait particulière avec la ceinture de son amant... Dans Adore, les jeux qui épicent la relation entre les personnages sont le plus souvent juste suggérés ou évoqués, et c'est un aspect du roman qui m'a beaucoup plu : on n'en fait pas tout un plat, ce n'est pas le Sadomasochisme avec un grand "S" qui a tout du mythe. Cependant, j'imaginais tout à fait que la relation entre Verlaine et Anabel se développant, ils auraient envie d'expérimenter de nouvelles choses, de rencontrer d'autres personnes. Et puis c'était pour moi une évidence que Verlaine s'entendrait bien avec Julien, ou plutôt, qu'il exercerait sur lui une forme de fascination : par ce côté calme, sûr de lui et de ses talents qu'il dégage. L'alchimie était sans doute moins évidente entre les deux filles, qu'en penses-tu ?

 

Chloé : A mon avis, Pauline est un personnage justement plus investi et impliqué dans son statut de soumise, même si c'est une petite rebelle... Anabel a sans doute une approche plus instinctive, moins portée sur les rituels. Mais je crois que la méfiance de Pauline est simplement à l'image d'une certaine constante des rapports féminins, où l'on commence par s'observer, se jauger avant de savoir si l'on va s'apprécier. Surtout dans un contexte de séduction et de jeux de pouvoirs tels que décrits ici ! En fait, le plus difficile était plutôt d'arriver à comprendre la psychologie de tes personnages, comme tu as dû appréhender les miens également... C'était l'équation indispensable pour écrire ce texte à quatre mains... Ça nous a même valu de vrais points interrogation parfois si tu te souviens !

 

Emma : C'est vrai. Un des défis les plus compliqués résidait dans les dialogues : quand tu faisais parler mes personnages, et moi les tiens, c'était difficile de trouver le "ton" juste, la phrase exacte qu'il ou elle prononcerait dans ces circonstances. Cela montre bien que nous avons toutes les deux, je crois, une écriture où on incarne très fortement nos personnages, on leur donne une vraie personnalité. Ce n'est pas facile de partager cela avec un autre auteur... Mais ce que j'ai vraiment apprécié dans cette expérience d'écriture, c'est la façon dont nos styles se complètent. Tu as apporté plein de riches images et de mots bien choisis alors que j'ai tendance à ne me focaliser que sur la trame de l'histoire. Et toi, si tu devais dire pour conclure ce que tu en as retiré ?

 

Chloé : Déjà une petite victoire personnelle, car on dit souvent que les textes à quatre mains sont ratés et je crois honnêtement que celui-ci est loin de l'être ! Intellectuellement, c'était vraiment stimulant et excitant de travailler comme ça, et de faire en sorte que l'on ne puisse plus démêler totalement qui a écrit telle ou telle partie. D'obtenir cette symbiose de nos deux univers et nos deux écritures. Au point que je me demande si on pourrait renouveler l'exercice sur un texte plus long, un roman entier par exemple... Sans doute pas avec les mêmes personnages, car Invitation au Manoir a aussi été une manière pour moi de dire au revoir à Anabel et Verlaine: visiblement ils ont une belle relation qui a mûri au fil du temps... Et comme j'ai entièrement revu Adore pour sa sortie en numérique (le même jour qu'Invitation auManoir !), c'était une belle manière de boucler la boucle. Mais je ne pense pas que je reviendrai sur eux. Contrairement à toi, car je pense que Le Manoir n'a pas encore livré tous ses secrets, non ?

 

Emma : En effet... Pour commencer, Le Manoir vient d'être réédité en numérique, après plusieurs mois d'indisponibilité : cela permettra aux lecteurs de l'Invitation de le découvrir également. Et puis j'ai écrit les Légendes du Manoir, un long roman qui raconte la suite mais qui remonte aussi le temps, à travers l'histoire de Pierre et de Julien. Celui-ci n'attend plus qu'un éditeur pour voir le jour ! Et puis comme on dit, jamais deux sans trois... alors peut-être qu'un jour j'aurai encore une fois envie de faire revivre ces personnages pour de nouvelles aventures, qui sait.

 

29/08/2013

Elles en parlent...

Une petite revue de presse au sujet de Baku - une histoire de cordes qui ne manquera pas de susciter l'attachement même des plus réticents... Et un petit rappel : le téléchargement est gratuit alors ça ne sert à rien de s'en priver !

 

"Histoire d’une réconciliation, d’une rupture que l’on ne surmonte pas parce qu’il reste des questions, une incompréhension et aussi de l’amour, Baku est un joli récit, qui progresse par petites touches" - Chocolatcannelle

 

"Question : A quoi reconnaît-on un écrivain talentueux ?
Ma réponse : A sa capacité de vous transmettre des émotions, et plus particulièrement, avec des sujets pour lesquels vous ne pensiez pas pouvoir en avoir..." - Humour de ma nuit

 

"Cela passe trop vite et ne fait qu’évoquer la science japonaise des liens, des cordes, le plaisir érotique de s’attacher appelé le Kinbaku. Cet univers inconnu de Valérie ne l’est pas de son compagnon, Etienne. Nous n’aurons qu’un aperçu des jeux possibles et de leurs effets mais un fois de plus Emma Cavalier convainc totalement." - Blue Moon

 

25/07/2013

Baku

couv-baku-def.jpgIl est assez rare que je crée un personnage, même secondaire, sans réfléchir un minimum à ce qu'a pu être sa vie, ce qui a pu le conduire à intervenir dans l'histoire. Parfois, cette réflexion devient une accroche ; finalement l'embranchement du récit m'intéresse, je creuse, et cela finit par donner quelque chose comme cette nouvelle : Baku.

Baku, c'est l'histoire d'un couple particulièrement libéré qu'on croise dans La rééducation sentimentale, Etienne et Valérie. Ou plutôt, cela raconte comment un couple "bien sous tout rapport" commence un jour à découvrir des expériences que certains considéreraient comme hors norme.

Cette nouvelle a aussi été pour moi l'occasion d'écrire sur un sujet qui me démangeait depuis quelques temps : les cordes. J'ai voulu relever un défi que je m'étais donné dans la suite logique du Manoir : rendre ce sujet accessible à n'importe qui.

Pour ceux qui s'en inquiéteraient, Baku est 100% garanti spoil-free : vous n'apprendrez absolument RIEN dans cette nouvelle qui pourrait vous révéler quoi que ce soit de l'intrigue de La rééducation sentimentale. L'histoire se déroule plusieurs années auparavant. Pour éviter toute déception, je précise aussi qu'il n'y a aucune scène de bondage dans La rééducation ;-)

Baku est en téléchargement gratuit sur Feedbooks.

Si la nouvelle vous a plu, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire ici ou là-bas, ça fait toujours plaisir...

29/09/2012

Le Manoir n'est pas du "Mommy Porn"

220px-50ShadesofGreyCoverArt.jpgComme je n'aime pas critiquer sans savoir, je me suis coltiné la lecture intégrale de "Fifty shades of Grey", en anglais dans le texte.
Pour ceux qui auraient loupé les (trop) nombreuses critiques qu'on peut lire en ligne (si vous voulez rigoler, je vous recommande entre autres celle-ci et celle-la par ex.) voici le pitch.

Lui est beau comme un dieu, riche à millions, il sait piloter un hélicoptère et jouer du piano comme Chopin.
Elle connaît ses classiques du 19e sur le bout des doigts, elle est vierge, et elle possède un subconscient boudeur et une déesse intérieure sportive avec qui elle dialogue, une vraie petite trinité.
Tout semblait réuni pour qu'ils s'aiment d'un amour immédiat, fou et sans faille... Si seulement il était "normal".

L'absence de normalité de notre cher Christian Grey ne tient pas à sa richesse scandaleuse (on se demande bien comment il a fait pour arriver à la tête d'un tel empire financier à 27 ans) ou à son goût déraisonnable pour les engins volants (pas seulement les hélicoptères, les planeurs aussi).
Non : Christian Grey est un adepte du BDSM, et sitôt qu'il a posé les yeux sur la douce et innocente Ana, il n'a plus rêvé que d'en faire sa soumise.

La première chose que j'ai à dire concernant cet ouvrage, c'est que le traducteur qui s'est tapé la transformation de cette chose en français mérite qu'on lui mette un cierge. Vu le niveau de langue employé, il a probablement dû se livrer à une réécriture complète. Ceci dit, on a pu lire partout que ce livre était mal écrit ; pour moi c'est au-delà de ça. Nous sommes ici dans un autre registre, celui du best-seller, qui simplifie au plus l'écriture dans l'espoir d'accrocher le cerveau disponible du plus grand nombre de lecteurs.

 

Sur le fond, c'est plus inquiétant : on ne regardera le BDSM que depuis le point de vue, partial et arrêté, de la pure jeune fille à la vanille, qui est suffisamment arrimée à son libre arbitre et à ce qu'elle considère comme son intégrité pour lui sacrifier à la fois ses sentiments et ses sensations. Tu n'éprouveras point de plaisir dans la douleur, parce que c'est mal. Ou du moins, ce n'est pas "normal". Je vous invite à lire l'excellent billet d'Isabelle Lorédan pour avoir une idée de l'indignation qu'une pensée aussi indigente m'inspire.

Finalement ce bouquin réduit la dimension psychologique du BDSM à sa plus simple expression : je te veux soumise parce que j'aime tout contrôler, et je suis comme ça parce que j'ai été abusé dans mon enfance. Et de son côté à elle : je veux bien le faire, mais c'est parce que je t'aime (passons sur l'hypocrisie que cela implique, elle le connaît depuis 3 jours à peine quand il lui montre sa "salle de jeux", elle pouvait encore largement s'enfuir en courant, n'était une forme d'attraction morbide pour le côté sombre qu'il lui révèle.)  

 

On se laisse finalement apitoyer, non pas par la petite cruche qui mérite amplement la correction trop gentille qu'on finit, dieu merci, par lui administrer, mais par cet homme invraisemblable, condamné entre les pages d'un roman sans la moindre perspective à se voir renvoyer à la figure l'image d'un monstre, d'une bête sadique malade depuis l'enfance, incapable d'aimer ou d'être aimée. Et pourtant : il est extrêmement mesuré, ce cher Grey ; résolument hétérosexuel, résolument monogame ; pour moi ce n'est pas du SM (à moins de qualifier l'attachage de mains avec une cravate comme hautement "kinky"). Finalement, aucun de ses gestes de générosité, de douceur, d'amour n'aura la moindre valeur tant qu'il aura la paume qui le démange, marque diabolique du mal qui le ronge et que notre héroïne échoue finalement à ramener dans la lumière. 


Je suppose qu'il faut en conclure que le Manoir, ce n'est pas du "mommy porn". Il y a dans mon roman trop de respect pour les femmes et leurs fantasmes quels qu'ils puissent être. Il y a trop de tolérance à l'égard de pratiques sexuelles maîtrisées mais considérées comme hors norme. Il y a trop d'intelligence, le SM étant d'abord approché comme une joute psychologique contre soi-même et pas comme une pathologie.

Parce que la grande vertu du Manoir et peut-être ce qu'il a de plus licencieux, c'est de conduire le lecteur à accepter qu'une histoire d'amour, fut-elle teintée de coups de cravache, c'est toujours quelque chose de normal et de beau.

23/12/2011

Nouvelles

Ecrire une nouvelle est un exercice difficile. Ce n'est pas juste un roman en plus court ; on n'a que peu de lignes pour poser les personnages, façonner l'intrigue, attraper le lecteur ; la chute doit être percutante et bien amenée. Consciente de la gageure, je ne me lance dans ce genre d'exercice qu'avec une extrême circonspection, et je ne le considère pas comme un domaine où je suis à l'aise.

Aussi, je me suis trouvée fort dépourvue quand mon éditeur, qui aime apparemment à voir les plumes de toutes ses auteures réunies dans son traditionnel recueil annuel de la Saint Valentin, m'a relancée pour celui de l'an prochain, qui s'intitulera Secrets de femmes.

 secrets de femmes.jpg

Heureusement, j'avais en stock un court texte, titré "Les petits papiers", que je destinais à l'origine à mon recueil "libre"** et encore inachevé, De chair et d'encre. Par chance, la nouvelle collait exactement avec le thème proposé...

De chair et d'encre n'est pas un recueil érotique, mais une série de courtes nouvelles sur le thème du rapport entre l'écrit et l'humain. Il devait compter trois nouvelles : Plaisir à vendre, pour laquelle j'éprouve un attachement tout particulier, Lib/vre qui a donné son nom à mon blog, et ces fameux Petits papiers.

Au final ces derniers seront donc publiés... sur papier ! Il faudra attendre février prochain, mais en attendant, vous pouvez toujours découvrir les deux autres sur In Libro Veritas.

 

Bien sûr j'écrirai comme promis une troisième nouvelle pour ce recueil, le jour où l'inspiration me viendra sur le sujet, ce qui ne manquera pas d'arriver ; mais on ne viole pas sa muse...

 

 

**Le recueil De chair et d'encre est sous licence libre ; ces textes peuvent être redistribués à des fins non commerciales, sans modification et en citant l'auteur.