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30/06/2013

Pierre et Julien

Un petit extrait de mon manuscrit "Légendes du Manoir", à paraître un jour... Juste pour mettre l'eau à la bouche ;-)

 

"Julien revint de sa douche, en jean et torse nu. Pierre leva les yeux de son journal et contempla le corps du jeune homme, qui commençait à se muscler sous l'effet de l'exercice quotidien. Les épaules qui se formaient et se durcissaient, les abdominaux qui se dessinaient. Julien avait été un bel adolescent ; il devenait un homme magnifique. Le garçon se tenait debout devant lui, silencieux, les lèvres pincées. Comme il s'approchait, Pierre décelait les traces de coups et les bleus qui marquaient ses biceps et sa poitrine. Cela ne lui donnait aucun plaisir, aucune excitation, cela l'attristait plutôt. L'épreuve de force à laquelle il était obligé de se livrer pour soumettre Julien ne l'amusait pas en soi. C'était ce qu'il obtenait finalement qui lui donnait satisfaction. Quand cela fonctionnait. D'une façon générale, le garçon était plus calme et plus obéissant que les premiers temps. Mais il y avait toujours cette révolte qui bouillait juste sous la surface, qui attendait impatiemment qu'on lui laisse un espace pour sortir. Aucun espace, c'était la règle que Pierre appliquait.

 

— Maître, puis-je prendre une cigarette ? Demanda-t-il poliment.

 

Pierre fit mine de réfléchir une seconde, puis répondit oui. La main de Julien se referma avec une vitesse de rapace sur le paquet, et un instant plus tard, la fumée s'éleva dans la cuisine et Julien s'effondra sur la chaise en face de son maître.

 

— Tiens-toi correctement, Julien, ou j'éteins cette cigarette en me servant du dos de ta main comme cendrier.

 

Julien se redressa en grimaçant. Il savait que ce n'était pas une menace en l'air : Pierre l'avait déjà fait.

 

Pierre s'efforça de résister au plaisir de le regarder fumer, à moitié nu, sombre et rageur, superbe, et se replongea dans son journal. Les minuscules caractères se mélangeaient devant ses yeux comme des pattes de mouche. Il était incapable de penser à autre chose qu'à ce garçon qui se tenait devant lui, et à l'épreuve qu'il allait lui imposer."

 

06/04/2013

Elles l'ont lu...

Allez, ça faisait longtemps que je n'avais pas posté ma petite "revue de presse" sur le Manoir, et il faut avouer que ça fait plaisir de voir qu'il y a encore des gens qui le découvrent aujourd'hui, presque deux ans après sa parution, alors même que réussir à se le procurer est un vrai parcours du combattant...

 

"l'auteure appelle un chat, un chat, mais réussit le tour de force de n'être jamais vulgaire. (...) De plus, l"histoire d'amour qui se lie entre Pauline et Julien est touchante et hors-norme. Les douleurs que les deux protagonistes peuvent éprouver ne sont jamais gratuites : elles subliment le plaisir comme les caractères, et renversent ce que beaucoup voudraient nous faire croire : que le sexe est quelque chose de sale et immoral." - critique de Morgause sur les Editions du Faune

 

"C'est une lecture bouleversante dans tous les sens du terme. Des émotions et sentiments fortement contradictoires m'ont assaillie tout le long de mon périple dans ce Manoir à l'histoire dérangeante. Pourtant, en fermant le roman, j'éprouvai un manque à l'idée que c'était déjà fini. J'ai été sincèrement émue par ma lecture, autant que j'ai été troublée, gênée, choquée... Mais, incontestablement, Le Manoir est LE roman à lire si vous voulez découvrir le juste dosage entre soumission, domination et romance." - Christy Saubesty

 

"L'auteur nous fait passer par toutes sortes d'émotions : l'envie, la peur, la colère, la frustration, le plaisir, l'envie de fuir, et surtout l'envie d'en apprendre plus sur cet univers et les règles qui s'imposent. Certes, certaines scènes sont si bien décrites que j'en avais mal pour ces soumis(e)s. Emma est vraiment douée dans l'écriture, tout est fluide, les scènes sont bien dosées, et on ne tombe jamais dans la vulgarité. L'histoire est bien construite, c'est bête mais il y a un début et une vraie fin, qui laisse présager peut être une suite." - chez une Petite Elfe

 

Je remercie ces trois lectrices et toutes les autres personnes (oui il y a des hommes aussi ;-) qui m'ont envoyé des petits mots ces derniers temps. Cela donne vraiment de l'énergie pour continuer à écrire ; et j'espère que je pourrrai bientôt vous faire découvrir la suite des aventures de Pauline et Julien.

29/09/2012

Le Manoir n'est pas du "Mommy Porn"

220px-50ShadesofGreyCoverArt.jpgComme je n'aime pas critiquer sans savoir, je me suis coltiné la lecture intégrale de "Fifty shades of Grey", en anglais dans le texte.
Pour ceux qui auraient loupé les (trop) nombreuses critiques qu'on peut lire en ligne (si vous voulez rigoler, je vous recommande entre autres celle-ci et celle-la par ex.) voici le pitch.

Lui est beau comme un dieu, riche à millions, il sait piloter un hélicoptère et jouer du piano comme Chopin.
Elle connaît ses classiques du 19e sur le bout des doigts, elle est vierge, et elle possède un subconscient boudeur et une déesse intérieure sportive avec qui elle dialogue, une vraie petite trinité.
Tout semblait réuni pour qu'ils s'aiment d'un amour immédiat, fou et sans faille... Si seulement il était "normal".

L'absence de normalité de notre cher Christian Grey ne tient pas à sa richesse scandaleuse (on se demande bien comment il a fait pour arriver à la tête d'un tel empire financier à 27 ans) ou à son goût déraisonnable pour les engins volants (pas seulement les hélicoptères, les planeurs aussi).
Non : Christian Grey est un adepte du BDSM, et sitôt qu'il a posé les yeux sur la douce et innocente Ana, il n'a plus rêvé que d'en faire sa soumise.

La première chose que j'ai à dire concernant cet ouvrage, c'est que le traducteur qui s'est tapé la transformation de cette chose en français mérite qu'on lui mette un cierge. Vu le niveau de langue employé, il a probablement dû se livrer à une réécriture complète. Ceci dit, on a pu lire partout que ce livre était mal écrit ; pour moi c'est au-delà de ça. Nous sommes ici dans un autre registre, celui du best-seller, qui simplifie au plus l'écriture dans l'espoir d'accrocher le cerveau disponible du plus grand nombre de lecteurs.

 

Sur le fond, c'est plus inquiétant : on ne regardera le BDSM que depuis le point de vue, partial et arrêté, de la pure jeune fille à la vanille, qui est suffisamment arrimée à son libre arbitre et à ce qu'elle considère comme son intégrité pour lui sacrifier à la fois ses sentiments et ses sensations. Tu n'éprouveras point de plaisir dans la douleur, parce que c'est mal. Ou du moins, ce n'est pas "normal". Je vous invite à lire l'excellent billet d'Isabelle Lorédan pour avoir une idée de l'indignation qu'une pensée aussi indigente m'inspire.

Finalement ce bouquin réduit la dimension psychologique du BDSM à sa plus simple expression : je te veux soumise parce que j'aime tout contrôler, et je suis comme ça parce que j'ai été abusé dans mon enfance. Et de son côté à elle : je veux bien le faire, mais c'est parce que je t'aime (passons sur l'hypocrisie que cela implique, elle le connaît depuis 3 jours à peine quand il lui montre sa "salle de jeux", elle pouvait encore largement s'enfuir en courant, n'était une forme d'attraction morbide pour le côté sombre qu'il lui révèle.)  

 

On se laisse finalement apitoyer, non pas par la petite cruche qui mérite amplement la correction trop gentille qu'on finit, dieu merci, par lui administrer, mais par cet homme invraisemblable, condamné entre les pages d'un roman sans la moindre perspective à se voir renvoyer à la figure l'image d'un monstre, d'une bête sadique malade depuis l'enfance, incapable d'aimer ou d'être aimée. Et pourtant : il est extrêmement mesuré, ce cher Grey ; résolument hétérosexuel, résolument monogame ; pour moi ce n'est pas du SM (à moins de qualifier l'attachage de mains avec une cravate comme hautement "kinky"). Finalement, aucun de ses gestes de générosité, de douceur, d'amour n'aura la moindre valeur tant qu'il aura la paume qui le démange, marque diabolique du mal qui le ronge et que notre héroïne échoue finalement à ramener dans la lumière. 


Je suppose qu'il faut en conclure que le Manoir, ce n'est pas du "mommy porn". Il y a dans mon roman trop de respect pour les femmes et leurs fantasmes quels qu'ils puissent être. Il y a trop de tolérance à l'égard de pratiques sexuelles maîtrisées mais considérées comme hors norme. Il y a trop d'intelligence, le SM étant d'abord approché comme une joute psychologique contre soi-même et pas comme une pathologie.

Parce que la grande vertu du Manoir et peut-être ce qu'il a de plus licencieux, c'est de conduire le lecteur à accepter qu'une histoire d'amour, fut-elle teintée de coups de cravache, c'est toujours quelque chose de normal et de beau.

23/11/2011

Un prix pour le Manoir

Ce week-end, j'étais au Salon du livre érotique et des dessous chics à Evian, où j'ai eu la joie de dédicacer quelques exemplaires du Manoir, et surtout de recevoir le prix du meilleur premier roman érotique ! Le prix est une charmante statuette réalisée par that's all arts.

 evian-prix.jpg

J'ai eu la chance de passer à peu près tout le week-end assise entre Anne Bert et Franck Spengler, on peut difficilement imaginer meilleure compagnie. J'ai aussi croisé quelques connaissances virtuelles, dont Chocolat cannelle et Isa Lorédan.

 

Nous avons été plus que très bien accueillis par David Racana, concepteur de cet événement, qui a réussi à donner une image classe et intelligente de l'érotisme à laquelle d'adhère totalement.

 

evian-5.jpg

Personnellement je n'ai pas passé beaucoup de temps à flâner au milieu des photos, dessins, vêtements et bouquins qui étaient exposés en quantité mais surtout en qualité, et je n'ai écouté que d'une oreille les débats que David animait avec brio sur une scène remarquablement agencée.

 

Je regrette surtout d'avoir dû partir un peu vite, il faudra remettre ça l'année prochaine !

01/11/2011

Des fois, ça marche

Ras le bol de lire les lamentations de peut-être futurs auteurs auto-proclamés comme celle-ci, qui au vu de la manière dont elle écorche la langue française dans un article de 3000 signes, ferait bien de se poser des questions sur la qualité de son premier roman de 300 pages.

 

Ça me donne envie de le raconter : oui, des fois, ça marche.

 

J'ai travaillé pendant plus de trois ans sur le Manoir. Puis je l'ai envoyé à deux éditeurs. Pas cinquante, deux. J'ai juste bien ciblé en fonction de mon sujet. Je n'ai pas écrit une longue lettre pour vanter les qualités de mon texte. Juste une page, pour dire qui je suis. Je n'avais aucun réseau, aucune connaissance de laquelle me réclamer, aucune publication à mon actif. Juste ce texte.

 

Le premier éditeur, je n'y croyais pas. D'ailleurs, quelques mois plus tard, j'ai reçu une jolie lettre m'informant que mon manuscrit ne correspondait pas aux critères de leurs publications. Dont acte.

Le second, j'avais plus d'espoirs, mais il ne m'a pas répondu tout de suite. Il a bien réfléchi. Publier un premier roman comme celui-là, un sujet pareil, c'était risqué.

 

Un jour il me téléphone, me dit que mon texte est bon, qu'il veut le publier. Aucun lézard. Aucune fausse promesse. Un contrat d'édition qui tient la route, avec des conditions tout à fait honnêtes pour un premier roman. Et surtout, aucun copinage.

 

Donc oui, les éditeurs sérieux qui lisent les manuscrits qu'on leur envoie, ça existe. Les romans qui sont publiés juste parce qu'ils sont bons, ça existe aussi. Donc, chers jeunes auteurs, arrêtez de vous lamenter et faites la seule chose qu'il y a à faire. Travaillez. Ecrivez. Ré-écrivez. Re-travaillez. Il n'y a pas d'autre recette.