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01/11/2011

Des fois, ça marche

Ras le bol de lire les lamentations de peut-être futurs auteurs auto-proclamés comme celle-ci, qui au vu de la manière dont elle écorche la langue française dans un article de 3000 signes, ferait bien de se poser des questions sur la qualité de son premier roman de 300 pages.

 

Ça me donne envie de le raconter : oui, des fois, ça marche.

 

J'ai travaillé pendant plus de trois ans sur le Manoir. Puis je l'ai envoyé à deux éditeurs. Pas cinquante, deux. J'ai juste bien ciblé en fonction de mon sujet. Je n'ai pas écrit une longue lettre pour vanter les qualités de mon texte. Juste une page, pour dire qui je suis. Je n'avais aucun réseau, aucune connaissance de laquelle me réclamer, aucune publication à mon actif. Juste ce texte.

 

Le premier éditeur, je n'y croyais pas. D'ailleurs, quelques mois plus tard, j'ai reçu une jolie lettre m'informant que mon manuscrit ne correspondait pas aux critères de leurs publications. Dont acte.

Le second, j'avais plus d'espoirs, mais il ne m'a pas répondu tout de suite. Il a bien réfléchi. Publier un premier roman comme celui-là, un sujet pareil, c'était risqué.

 

Un jour il me téléphone, me dit que mon texte est bon, qu'il veut le publier. Aucun lézard. Aucune fausse promesse. Un contrat d'édition qui tient la route, avec des conditions tout à fait honnêtes pour un premier roman. Et surtout, aucun copinage.

 

Donc oui, les éditeurs sérieux qui lisent les manuscrits qu'on leur envoie, ça existe. Les romans qui sont publiés juste parce qu'ils sont bons, ça existe aussi. Donc, chers jeunes auteurs, arrêtez de vous lamenter et faites la seule chose qu'il y a à faire. Travaillez. Ecrivez. Ré-écrivez. Re-travaillez. Il n'y a pas d'autre recette.

Commentaires

Emma,

Je n'avais comme vous, aucun espoir d'être publiée. Ce n'est pas parce que Nicolas Marssac, mon mari, avait réussi cet exploit avec "L'arrière-boutique" qu'il y avait quelque raison que ce soit de penser que j'y arriverais aussi.

J'ai beaucoup travaillé, et retravaillé le manuscrit d'Échanges virtuels, j'ai mis des années avant de "poser ma plume", avant de me dire que je ne saurais faire mieux et, comme vous, je l'ai proposé avec beaucoup d'humilité à celui qui allait devenir mon éditeur.

J'aime penser que cet homme aguerri, qui fait ce métier depuis probablement 30 ans, et qui reçoit plusieurs centaines de manuscrits chaque année, a sélectionné nos livres parce qu'il pensait qu'ils avaient le niveau suffisant pour être publiés chez lui.

Juste ça me met un sourire sur les lèvres, quoi qu'il advienne ensuite.

Et chacun peut faire de même, à force de travail, avec peut-être aussi une petite dose de... talent?

Marie Godard

Écrit par : Marie Godard | 01/11/2011

Lorsque j'ai commencé d'écrire mes petites histoires érotiques, il y a presque sept ans, je n'imaginais pas qu'elles intéressent un jour quelqu'un. C'était maladroit, bancal... Puis je me suis prise au jeu du blogging... J'ai affiné, réécrit, corrigé... Et un jour, le même éditeur que vous m'a envoyé un courriel me disant qu'il aimait beaucoup mon style...

Aux fins fonds de ma cambrousse, je ne connaissais personne, j'avais juste les adresses de deux éditeurs spécialisés, à qui j'avais envoyé mes modestes productions. Il se trouve que j'ai signé des contrats chez les deux !

Si ça n'avait pas été le cas, et bien j'aurais retravaillé mes textes (ce que j'ai fait de toute manière, car même si un éditeur aime, c'est rare qu'il ne réclame pas quelques retouches) jusqu'à ce qu'ils soient bons. Ou alors j'aurais changé d'activité !

Tout le monde ne s'appelle pas Françoise Sagan, pour écrire un chef-d'oeuvre à 19 ans.

Écrit par : Isabelle Lorédan | 01/11/2011

Merci à vous, Marie et Isa, pour vos beaux témoignages... Mais à nous lire toutes les 3, on pourrait finir par se demander si ce n'est pas notre cher Franck qui est justement quelqu'un d'exceptionnel ;-)

Écrit par : Emma | 01/11/2011

Si vous voulez mon avis au sujet de Franck, je dirai simplement que cet homme, qui pourrait être terriblement blasé tant il est tombé tôt dans la "sauce", continue pourtant de poser un regard très bienveillant sur les manuscrits qu'on lui envoie. Bienveillant, c'est le mot qui convient, je crois.

Je sais d'expérience -- pas seulement la mienne mais celle de Nicolas, mon mari, ainsi que celle d'une amie qui lui a proposé des textes -- qu'il prend le temps de lire et de commenter. Il encourage l'auteur à retravailler et reste bien disposé à son égard, et ça, ce n'est pas rien, en effet!

Marie

Écrit par : Marie Godard | 01/11/2011

A ce qu'à écrit Marie à propos de Franck, je rajouterai juste une chose : il est non seulement bienveillant, mais il a de la considération pour les auteurs... Ce qui n'est pas si courant que cela ! Et cela, c'est on ne peut plus appréciable.

Écrit par : Isabelle Lorédan | 01/11/2011

Ils sont très jolis ces commentaires. Je ne suis pas auteur mais lectrice et je trouve que c'est plein d'espoir pour ceux qui aspirent à le devenir.
La valeur travail couplée au talent a toujours sa place, car il y aura toujours des personnes qui seront là pour les révéler.

Écrit par : Humour de ma nuit | 04/11/2011

Les commentaires sont fermés.