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05/07/2011

Introspection

En lisant l'excellente série de J. Heska sur les coulisses sulfureuses de l'édition, je ne peux m'empêcher de me confronter par anticipation aux questions qui se posent, se poseront, inévitablement, sur mon roman. Mon premier roman, qui se trouve être un livre érotique, pornographique peut-être (allez chercher la frontière entre les deux), et qui se déroule dans le milieu SM. Ces questions je me les suis posées, on me les a posées, on me les posera encore...

Pourquoi un livre érotique ?

C'est bien sûr la première question : face à l'immensité des possibles, des histoires qui peuvent être racontées, pourquoi avoir choisi ce genre "mineur" ? Je pourrais prétendre que c'est parce que ça se vend mieux, ou parce que j'avais plus de chances d'être éditée, ou encore que je l'ai écrit par amour, façon Dominique Aury, et tout cela serait vrai. Mais au fond, ce n'est pas moi qui ai choisi l'histoire, c'est elle qui m'a choisie. Le pouvoir qu'on croit avoir sur ce qu'on écrit n'est qu'illusion ; c'est le texte qui fait l'auteur, et pas l'inverse. J'ai vu maintes fois sous ma plume, la création se révolter contre le carcan que j'essayais de lui imposer, provoquant d'interminables blocages : ce n'était qu'en me soumettant à ses caprices que je pouvais reprendre le contrôle.

Faut-il être adepte du sadomasochisme pour lire le Manoir ?

Pas du tout. C'est avant tout une histoire d'amour, et de dépassement de soi. Le SM est présent dans le roman, mais simplement en tant que ressort pour exprimer la complexité du sentiment amoureux, quelque chose qui s'impose à soi, parfois jusqu'au déchirement de sa propre personnalité, et qu'on combat sans savoir si c'est pour s'en débarrasser ou pour s'y enfoncer toujours plus profondément, pour s'y complaire. C'est l'histoire d'une femme qui se trouve confrontée aux règles d'un univers qui n'est pas le sien, et qui doit choisir de les suivre si elle veut vivre avec l'homme qu'elle aime. Bref c'est une histoire on ne peut plus banale, qu'on ne fait que raconter encore et encore depuis le XVIIe siècle au moins...

S'agit-il d'un roman autobiograhique ?

Le roman parle d'une femme, et est écrit par une femme. Est-ce suffisant pour qu'on se pose la question de la part autobiographique du texte ? Je trouve au fond que cette question n'a que peu d'intérêt. S'il ne l'est pas, cela me flatte qu'on puisse le trouver assez réaliste pour penser qu'il l'est. S'il l'est, je me félicite qu'il soit assez romancé pour qu'on puisse soupçonner qu'il ne l'est pas. Et puis, comme me l'a dit un jour un lecteur avisé, on ne demande pas à un auteur de romans policiers s'il assassine plutôt en matinée ou en soirée...

Commentaires

J'ai découvert que mon blog était en lien sur le tien et j'en suis ravie (c'est toujours un émerveillement pour moi que de savoir qu'il n'y a pas que ma soeur qui me lit...).

Le Manoir fera partie de mes lectures de la rentrée avec Souvenirs de David foenkinos ;-)

Écrit par : Humour de ma nuit | 14/07/2011

Merci de ton passage par ici ! J'espère que le Manoir te plaira, en attendant tu m'as presque convaincue de me lancer dans Belle du Seigneur... peut-être ma prochaine lecture de l'été ? j'attends la suite de la chronique avec impatience !

Écrit par : Emma | 15/07/2011

Ce que vous écrivez "ça n'est pas moi qui ait choisi l'histoire, c'est l'histoire qui m'a choisie" est très vrai. Chaque fois que je me mets au clavier pour écrire, mes doigts sont emportés par quelque chose d'irrépressible, que je ne contrôle que très peu. Lorsque je tente de m'astreindre à créer, c'est en général catastrophique.

Réalité, fiction... Votre roman est en tout cas extraordinairement bien documenté, tant sur les us et coutumes du milieu BDSM que sur les ressentis des personnages. Après, dans tout ce que l'on peut écrire, on met toujours une part plus ou moins importante de nous-même. Un livre est assimilable en cela à un enfant : une part de nous qui est un être à part entière... Ensuite, il y a "l'accouchement" avec la sortie en librairie, et le baby-blues de voir ce bébé tant attendu nous échapper pour vivre sa vie...

Écrit par : Isabelle Lorédan | 04/09/2011

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