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02/02/2017

Pendant ce temps, ailleurs, très loin de là...

couv-manoir-FL.jpgApparemment, un an sans un seul billet est considéré par certaines plateformes de blog comme un délai suffisant pour déclarer celui-ci en mort clinique sans autre forme de procès. Dont acte, il faut donc que je vienne faire une petite mise à jour.

 

C'est que la temporalité de l'édition n'est pas tout à fait la même que celle d'Internet.

Après la parution, en mai 2015, de Légendes du Manoir, j'ai achevé l'écriture d'une suite intitulée Retour au Manoir, dont la publication n'est pas prévue pour l'instant. Ce troisième tome se déroule quelques années plus tard et est centré sur l'histoire de Caroline, la petite sœur de Julien, dont on découvre enfin pourquoi elle déteste à ce point tout ce qui touche au BDSM. On y retrouve aussi bien sûr Pauline, plus que jamais en proie à des doutes et des questionnements sur sa relation avec son maître, Julien, et même Pierre qui apparaît désormais en compagnie d'Axel qu'il rencontré dans l'Eveil des sentiments : le 2e tome de l'autre trilogie (oui, il faut suivre...)

 

En mai 2016, j'ai eu la chance de voir Le Manoir, dont l'édition grand format était depuis longtemps épuisée, paraître de nouveau en papier chez France Loisirs. Il y a semble-t-il trouvé son public, puisque près de 15.000 exemplaires en ont paraît-il été vendus !

« J'ai été totalement emmenée dans cette histoire, que je n'ai pu lâcher avant de l'avoir terminée, Je suis tombé sous le charme de ce Manoir et de l'auteure qui m'a transporté dans cette histoire Une fois plongée dans l'ambiance sulfureuse du manoir, on a de la peine à en sortir et on en redemande. »

« Je conseille ‘Le Manoir’ à tous les amateurs du genre, laissez-vous inviter aux séances du célèbre Julien Andringer, dont vous ne sortirez pas ‘indemnes’. »

 

C'est au tour de Légendes du Manoir de trouver une seconde vie en club, en janvier 2017. Ce qui me permet de ne pas désespérer totalement de proposer un jour Retour au Manoir...

 

Mais pendant ce temps, je ne me tournais pas les pouces. J'ai entrepris l'écriture d'une trilogie, cette fois conçue comme telle depuis le début avec trois tomes qui s'enchaînent, provisoirement intitulée dans mon disque dur Les trois talents. Il s'agit d'une romance au doux parfum de BDSM que vous découvrirez, si tout va bien, en septembre 2017 toujours chez Hugo. Je n'en dis pas plus pour l'instant !

11/07/2015

San Francisco réelle et imaginaire dans les Légendes du Manoir

Pour ceux qui ont lu Légendes du Manoir, je vous propose une petite visite de San Francisco sur les pas de Pauline et Pierre... en démêlant le vrai du faux !

Greenwich Street

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La rue où habitent Pierre et Pauline, surplombée par Coit Tower.

 

Promenade de North Beach à Union Square

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Le premier soir de leur arrivée, en plein décalage horaire, Pierre et Pauline passent devant la librairie City Lights, puis à Chinatown pour aller manger dans un Diner du côté d'Union Square.

 

Japanese Tea Garden, Golden Gate Park

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Situé tout près du De Young Museum, ce petit jardin est l'endroit où Pauline se retrouve seule pour la première fois, face à elle-même... et à sa liberté !

 

Castro, siège de la société de Janus

Castro est le quartier gay de San Francisco, bien réel... tout comme la Société de Janus. Par contre y a-t-elle son siège ? En a-t-elle seulement un ? En tout cas pas à ma connaissance !

 

Munch au Thirsty Bear, Folsom Street

Le Thirsty Bear est un bar près de Folsom street, la rue où se déroule la fameuse "Folsom street Fair" de San Francisco. Les munchs organisés par la Société de Janus y ont bel et bien lieu, chaque 2e samedi du mois.

 

Club "The Dungeon" à Castro

Désolée mais celui-ci est un pur produit de mon imagination.

 

Carmel by the Sea

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Pierre et Pauline devront parcourir 150 km vers le Sud pour se réconcilier sur la plage de Carmel... Un village au charme kitsch américain typique !

 

La maison de Steve Mark dans les vignes

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Encore un pur produit de mon imagination. Pur ? Peut-être pas tout à fait... (il se peut que je me sois un rien inspirée de cet épisode de la série The Mentalist)

 

 Ocean Beach

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Un rendez-vous sur la plage pour se raconter des histoires : c'est sur Ocean Beach, à l'Ouest de Golden Gate Park, que Milo donne rendez-vous à nos amis par un dimanche après-midi ensoleillé.

 

Bon et pour finir, je sens que comme Pauline, vous allez protester si je ne vous dégotte pas une belle photo bien "tarte à la crème" du Golden Gate bridge...

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30/05/2015

Ce qu'on attend de la romance érotique

Je ne peux que me réjouir du plaisir que m'ont fait plusieurs lectrices des Légendes du Manoir en publiant leur avis sur leur blog, que celui-ci soit positif ou négatif. Toutefois je dois dire que certaines de ces critiques m'ont amenée à me poser des questions. Je me souviens que quand j'ai écrit Le Manoir, j'essayais de faire œuvre de vraisemblance mais seulement jusqu'à un certain point. Pour moi, ce texte était un conte pornographique ; on n'attend pas des contes qu'ils revêtent les atours de la vérité, et s'agissant de la pornographie, on l'attend encore moins.

 

J'ai abordé la rédaction des Légendes du Manoir avec le même mélange de précision historique dans la relation des aventures de la famille Andringer et la même liberté à l'égard de la notion de "vrai". J'ai parfaitement conscience qu'il y a dans ce roman des choses impossibles (vous avez déjà essayé d'aller vivre deux ans aux États-Unis sans travail et sans visa ?) mais en fait... je m'en fous. Le but, c'est d'abord le plaisir.

Je suis continuellement étonnée de voir que les lecteurs et surtout lectrices interprètent et jugent de manière totalement littérale les scènes de sexe et les séances SM qui constituent la colonne vertébrale de ces deux romans. Elles donnent l'impression de filtrer constamment le texte à l'aune de ce qu'elles aiment faire ou se sentent prêtes à faire en matière de sexe, elles s'identifient à Pauline sans le moindre recul et souvent, ont du mal à accepter qu'elles ont aimé le roman alors qu'elles ne se projettent pas dans une sexualité aussi violente.

Je suppose qu'il faut y voir le "contrat de lecture" de la romance érotique. Si vous lisez un polar ou un thriller, vous acceptez que des gens vont mourir de façon atroce entre ces pages que vous prendrez pourtant du plaisir à lire, mais cela ne fait pas de vous un pervers ou de l'auteur un dérangé. Il y aurait donc dans la romance érotique un contrat implicite entre auteur et lecteur qui stipule que seuls peuvent donner du plaisir au lecteur les épisodes que celui-ci serait prêt à expérimenter en club le samedi soir...

 

Si c'est le cas, alors c'est là que se situe pour moi la frontière entre la "romance érotique" et la "littérature pornographique". Ce n'est pas une question de langage cru ou de savoir si cela raconte une histoire. J'en discutais récemment avec Franck, mon éditeur : pour lui la différence repose dans le fait de savoir si le sexe est au centre du récit. Mais j'irais plus loin : la littérature pornographique, jusqu'à récemment, ne s'est jamais encombrée de vraisemblance. Elle s'autorise toutes les folies, ce qui n'a jamais diminué sa qualité ou sa puissance évocatrice.

Il faut lire Sade, Florence Dugas, Pauline Réage. Il faut lire l'Histoire de l'œil de Georges Bataille et les Onze Mille Verges d'Apollinaire - je vous recommande la scène du pal. Il faut lire Anaïs Nin - dont l'une des nouvelles que je lisais l'autre jour raconte l'histoire d'un père emprisonnant ses propres filles pour pouvoir les violer chaque nuit. Je me souviens d'avoir lu quand j'étais adolescente l'histoire d'une femme perdue sur une île déserte qui copulait avec des singes... Et dans le genre malsain, je citerai également l'excellent Train 8427 en provenance de Genève de Jeanne Sialelli. À côté de toutes ces histoires, les pires scènes des Légendes du Manoir font figure d'une promenade de santé dans un jardin de roses.

Alors oui, on est parfois partagé entre plaisir et dégoût, entre excitation et horreur. Mais ce n'est pas une romance érotique ; on ne demande pas au lecteur de supposer que c'est réel ou que cela va lui arriver demain. La sécurité, la légalité et la vraisemblance n'ont pas plus de place entre ces pages que l'auteur ne veut bien leur en donner. Et c'est pour cela que la pornographie a été si longtemps, en littérature, synonyme de liberté.

09/05/2015

Légendes du Manoir

couv-legendes-petit.jpgLa semaine prochaine arrive enfin un événement que j'attendais depuis plusieurs années : mon roman Légendes du Manoir sort en librairie.

 

J'ai écrit ce livre en 2012 alors que le Manoir, mon premier roman, était déjà paru. Au départ, il ne devait pas y avoir de suite. Pour moi, le Manoir était un conte et les contes n'ont pas de suite : "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants", c'est ainsi que l'histoire est censée  se terminer ; le reste n'est que peine et langueur, n'est-ce pas ?

 

Pourtant, nombreux ont été les lecteurs qui me demandaient ce qu'il y avait après le Manoir. J'ai longtemps refusé de me poser la question, jusqu'au jour où mes personnages me manquaient tellement qu'il m'est devenu impossible de résister à l'envie de les ressusciter. Ils m'étaient si intimes qu'il m'a suffi d'un souffle pour les réveiller.

 

J'ai alors entrouvert toutes ces portes laissées ouvertes dans le Manoir sur des pièces mystérieuses qu'on rêve de revenir visiter, souffler sur la poussière, déterrer d'autres secrets. J'ai eu envie de raconter ces histoires, ces légendes qui pour certaines étaient présentes dans mon esprit depuis le début, pour d'autres se sont révélées sous ma plume.

 

Légendes du Manoir est un roman qui se "tient" au sens où il peut être lu indépendamment du Manoir. Cependant, je conseillerais vivement aux lecteurs de commencer par le Manoir. D'abord, parce qu'ils se priveraient de nombreux aspects essentiels, sinon pour comprendre l'histoire, du moins pour l'apprécier pleinement. Ensuite, parce que le Manoir a volontairement été écrit comme un accompagnement pour entrer pas à pas dans l'univers du BDSM et lire les Légendes directement revient à se priver de cette progression. Bien sûr cela ne posera pas de problème aux lecteurs avertis !

 

Malheureusement, aucune réédition papier du Manoir n'est prévue pour le moment, il faut donc se rabattre sur la version numérique. Un extrait des Légendes du Manoir est disponible ici.

 

 

 

17/10/2013

Invitation au Manoir

Dans quelques jours sera publiée dans la collection e-ros de Dominique Leroy une nouvelle écrite à quatre mains avec Chloé Saffy : l'Invitation au Manoir. Chloé et moi vous proposons de découvrir la genèse de ce texte à travers une interview croisée...

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Emma : Chloé, qu'est-ce qui t'a attirée chez les personnages du Manoir au point que tu envisages leur rencontre avec ceux d'Adore ?

 

Chloé : On pourrait tout simplement commencer par dire que pour moi, ce qui fait - très souvent - qu'on se souvient d'un livre, ce n'est pas toujours son intrigue, mais plutôt la puissance d’incarnation de ses personnages. Je serai incapable de te citer l'intégralité de ce qui se passe dans Autant en emporte le vent, mais Scarlett O'Hara et Rhett Butler, là ! Je suis horriblement classique dans mes goûts littéraires, de la bonne fiction bien balancée, bien écrite et tout à l'avenant et je succombe. Pour ceux du Manoir, il y avait en outre quelque chose d'un peu groupie, du genre "ah j'aimerai tellement les connaître en vrai !". Julien et Pauline sont deux personnages fascinants, ils sont impertinents, ont un caractère fort et Julien avec son côté ni Dieu ni Maitre, sa manière bien à lui de dominer fait rêver la midinette en moi... C'est comme entrer dans le saint des saints, du même niveau que rencontrer des gens inaccessibles et qu'on admire. Pour autant, je ne me voyais pas écrire une fanfiction uniquement pour continuer à les faire vivre, c'est beaucoup trop de responsabilités ! De ton côté, pourquoi avoir accepté le principe du cross-over, notamment avec Anabel et Verlaine, deux personnages qui n'ont - a priori - rien à voir avec Le Manoir?

 

Emma : Rien à voir, c'est vite dit ! Si je me souviens bien, Anabel a une relation tout à fait particulière avec la ceinture de son amant... Dans Adore, les jeux qui épicent la relation entre les personnages sont le plus souvent juste suggérés ou évoqués, et c'est un aspect du roman qui m'a beaucoup plu : on n'en fait pas tout un plat, ce n'est pas le Sadomasochisme avec un grand "S" qui a tout du mythe. Cependant, j'imaginais tout à fait que la relation entre Verlaine et Anabel se développant, ils auraient envie d'expérimenter de nouvelles choses, de rencontrer d'autres personnes. Et puis c'était pour moi une évidence que Verlaine s'entendrait bien avec Julien, ou plutôt, qu'il exercerait sur lui une forme de fascination : par ce côté calme, sûr de lui et de ses talents qu'il dégage. L'alchimie était sans doute moins évidente entre les deux filles, qu'en penses-tu ?

 

Chloé : A mon avis, Pauline est un personnage justement plus investi et impliqué dans son statut de soumise, même si c'est une petite rebelle... Anabel a sans doute une approche plus instinctive, moins portée sur les rituels. Mais je crois que la méfiance de Pauline est simplement à l'image d'une certaine constante des rapports féminins, où l'on commence par s'observer, se jauger avant de savoir si l'on va s'apprécier. Surtout dans un contexte de séduction et de jeux de pouvoirs tels que décrits ici ! En fait, le plus difficile était plutôt d'arriver à comprendre la psychologie de tes personnages, comme tu as dû appréhender les miens également... C'était l'équation indispensable pour écrire ce texte à quatre mains... Ça nous a même valu de vrais points interrogation parfois si tu te souviens !

 

Emma : C'est vrai. Un des défis les plus compliqués résidait dans les dialogues : quand tu faisais parler mes personnages, et moi les tiens, c'était difficile de trouver le "ton" juste, la phrase exacte qu'il ou elle prononcerait dans ces circonstances. Cela montre bien que nous avons toutes les deux, je crois, une écriture où on incarne très fortement nos personnages, on leur donne une vraie personnalité. Ce n'est pas facile de partager cela avec un autre auteur... Mais ce que j'ai vraiment apprécié dans cette expérience d'écriture, c'est la façon dont nos styles se complètent. Tu as apporté plein de riches images et de mots bien choisis alors que j'ai tendance à ne me focaliser que sur la trame de l'histoire. Et toi, si tu devais dire pour conclure ce que tu en as retiré ?

 

Chloé : Déjà une petite victoire personnelle, car on dit souvent que les textes à quatre mains sont ratés et je crois honnêtement que celui-ci est loin de l'être ! Intellectuellement, c'était vraiment stimulant et excitant de travailler comme ça, et de faire en sorte que l'on ne puisse plus démêler totalement qui a écrit telle ou telle partie. D'obtenir cette symbiose de nos deux univers et nos deux écritures. Au point que je me demande si on pourrait renouveler l'exercice sur un texte plus long, un roman entier par exemple... Sans doute pas avec les mêmes personnages, car Invitation au Manoir a aussi été une manière pour moi de dire au revoir à Anabel et Verlaine: visiblement ils ont une belle relation qui a mûri au fil du temps... Et comme j'ai entièrement revu Adore pour sa sortie en numérique (le même jour qu'Invitation auManoir !), c'était une belle manière de boucler la boucle. Mais je ne pense pas que je reviendrai sur eux. Contrairement à toi, car je pense que Le Manoir n'a pas encore livré tous ses secrets, non ?

 

Emma : En effet... Pour commencer, Le Manoir vient d'être réédité en numérique, après plusieurs mois d'indisponibilité : cela permettra aux lecteurs de l'Invitation de le découvrir également. Et puis j'ai écrit les Légendes du Manoir, un long roman qui raconte la suite mais qui remonte aussi le temps, à travers l'histoire de Pierre et de Julien. Celui-ci n'attend plus qu'un éditeur pour voir le jour ! Et puis comme on dit, jamais deux sans trois... alors peut-être qu'un jour j'aurai encore une fois envie de faire revivre ces personnages pour de nouvelles aventures, qui sait.